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mardi 20 mars 2007

Louis Michel: "Je n'ai pas de leçons à recevoir de vous"

Grande et belle phrase que celle-ci, lancée lundi par le Commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire, et accessoirement candidat MR au Sénat, à Maître Alexis Deswaef, avocat au barreau de Bruxelles et récent lauréat du concours international de plaidoiries pour la défense des Droits de l'Homme au Mémorial de Caen (pour avoir plaidé la cause de Tumba, 6 ans et demi, 82 jours de centres fermés). Recontextualisation.

Votre serviteur, Big Loulou, Maître Deswaef et beaucoup d'autres concitoyens sont rassemblés lundi, à l'initiative du journal Le Soir et du Mouvement Européen-Belgique (présidé par le fier Charles-Ferdinand Nothomb), dans une salle de Commission du Parlement européen à Bruxelles pour une conférence-débat relatives aux politiques européennes d'immigration.

Au cours de la courte intervention "non contradictoire" dont disposait chacun des quatre intervenants, les considérations de Louis Michel furent conformes à l'image que celui-ci véhicule continuellement, à savoir celle d'un gentil grand père amoureux de la liberté, humain et social.
Concrètement, en ce qui concerne le phénomène de l'immigration, le Commissaire plaidait pour une remise en question des politiques plus anciennes qu'actuelles (selon lui) de répression voire de forte régulation de l'immigration puisque, comme le disait Kofi Annan (il a de bonnes lectures!), les migrants font partie de l'Histoire de l'humanité.

Alors s'ouvrit la fameuse séance de questions-réponses pendant laquelle l'intervenant Michel fut très souvent mis à contribution.

Au début, quelques questions lui furent adressées mais l'homme politique intelligent qu'il est y a répliqué facilement, en ne répondant pas véritablement à la question dans bien des cas.
A ce propos, il faut épingler l'interpellation d'un spectateur à propos de financements de la part d'un Etat Membre (l'Italie) d'armements destinés aux forces de l'ordre lybiennes pour combattre les flux migratoires vers la Botte. Ici, Big Loulou eut cette réponse très politicienne: "c'est grave, je l'ignore et je vais m'informer".
Sans tomber dans la basse critique, l'on peut tout de même penser que ces forces de l'ordre ne vont pas "repousser" les flux migratoires avec des arcs à flêches ou des filets pour papillons... Fatalement, elles ont besoin de moyens en armement (même à but dissuasif) qui, quand bien même des financements ne les prévoiraient pas spécifiquement, sont apportés par un financement plus général à des forces de l'ordre frontalières (marocaines, lybiennes...) -via l'agence FRONTEX-dont Louis Michel a reconnu l'existence.
En somme, même si ceci est toujours hypothétique, l'UE finance, indirectement bien souvent, l'armement de ces forces de l'ordre chargées d'endosser la responsabilité des excès des politiques de l'Europe-forteresse. Dans cette hypothèse, il n'y aurait donc pas de différence entre des financements directement dédiés à l'armement -idée heureusement rejetée par Michel- et des financements généraux comme il en existe aujourd'hui à destination de ces forces de l'ordre.

Venons-en alors au fait d'arme objet de ce billet.
Maître Alexis Deswaef interpelle le Commissaire Michel sur l'enfermement d' enfants dans les centres fermés en Belgique.
Louis Michel nous livre sa vision du problème ("il faut protéger ces enfants des risques d'atteinte à leur intégrité"...) et met en garde le public présent de ne pas tomber dans "des généralités" qui consistent à dire que ces centres fermés sont des prisons.
L'avocat évoque alors, très justement et très calmement, l'arrêt de la Cour Européenne des Droits de l'Homme du 12 octobre 2006 qui a condamné la Belgique pour la détention de mineurs dans les centres fermés et qui évoque des conditions de "détentions" inadaptées aux mineurs.
Fort logiquement, Alexis Deswaef en conclut que ces centres ont un caractère carcéral puisque la CEDH utilise le jargon propre à la prison pour décrire les conditions de ces mineurs à l'intérieur de ces enceintes et, selon l'avocat, l'arrêt parlerait de "régime carcéral inadapté aux mineurs".

Désabusé, l'animal politique MICHEL devient réellement nerveux et, comme pour clore un débat qu'il ne maitrise plus et qui lui a donné tort, envoie cette phrase pseudo-assassine à l'encontre de l'avocat qui a eu, lui, bien plus d'intelligence en ne répondant pas à pareille insulte... à l'intelligence : "Je n'ai pas de leçons à recevoir de vous".

De plus, auparavant, Big Loulou, devinant que Maître Deswaef était spécialiste en la matière, signala à l'assemblée que certains avocats s'étaient spécialisés dans la défense des mineurs détenus en centre fermé, comme pour sous-entendre que ces opportunistes avaient flairé là un marché à prendre...

Alors, au delà de ces basses attaques, il nous semble qu'il faut voir là une preuve de l'incohérence (le "grand défenseur de la liberté" attaque...un défenseur de la liberté, le légaliste autoproclamé ne donne pas de crédit à une décision judiciaire, le grand démocrate n'a pas de leçons à recevoir d'un concitoyen, qui plus est avocat) et de l'égo démesuré de Louis Michel (dans la Libre de samedi: "je viens pour stabiliser le pays").

Néanmoins, loin de moi l'idée de nier certaines qualités à notre Big Loulou national.
Entres autres, il est évident qu'il a redonné des couleurs à notre diplomatie et je pense sincèrement que nous pouvons lui être reconnaissants de ne pas avoir engagé la Belgique dans le bourbier irakien et de s'être farouchement opposé à cette guerre qui a tourné à la catastrophe.

Indéniablement, il aura apporter plus à la Belgique que Van Cau, Daerden, Frank Vandenbroucke, Karel De Gucht et Sabine Laruelle ensemble...

Ceci dit, à l'heure où cet imposant et charismatique gaillard s'apprête à faire son retour dans la jungle politique belge à l'occasion des élections du 10 juin prochain, il me semblait important de nuancer -quelque peu- les portraits généralement complaisants voire glorificateurs (exemple: "les bureaux du pouvoir"-RTBF) que les médias font de ce personnage politique clé.

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samedi 10 mars 2007

Élections et repositionnements idéologiques

Chez l'homo politicus, l'année électorale est souvent synonyme de repositionnement. Parfois, une refonte de son programme n'est même pas nécessaire. Il suffit de faire évoluer son discours ou de mettre en exergue une mesure symbolique. Prenons l'exemple de la (pré-)campagne électorale française. Nicolas Sarkozy, lorsqu'il n'était "que" ministre de l'intérieur et président de l'UMP, adoptait un profil libéral "pur et dur" sur le plan économique, et populiste flirtant avec l'extrême-droite à propos de l'immigration. Puis, le candidat Sarkozy, soucieux de ratisser large et particulièrement dans le jardin de sa compétitrice de gauche, eut un discours d'investiture pour le moins étonnant où, à grands coups de "j'ai changé", il se réclamait de la paternité de Jean Jaurès ou de Léon Blum et se voulait également plus consensuel sur la question de l'intégration. Survint François Bayrou, dont le programme est plutôt de centre-droit mais dont le discours plutôt de centre-gauche. Dès lors, doublé dans sa tentative de séduction à gauche par un Bayrou en pleine ascension dans les sondages (qui, malgré leurs prédictions erronées de 2002, n'ont jamais eu autant d'influence que lors de cette campagne), Sarkozy n'a plus d'autre choix que d'aller grapiller des voix... à l'extrême-droite. Machine arrière donc, avec le retour du fameux "aimez-la ou quittez-la" ainsi que sa récente proposition d'un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale".

Qu'en est-il chez nous ?

Si l'on veut faire la comparaison avec la campagne électorale belge, il faut tout d'abord passer par cette évidence que notre scrutin, législatif et pas présidentiel, ne conduit pas une telle "lutte de personnes" comme en France. Il n'est donc pas possible de jouer le même numéro de contorsionnistes qu
e les présidentiables français. Ni même nécessaire, vu l'intérêt bien moindre de la population belge pour ses élections : sans doute sont-elles moins spectaculaires que le choc des titans chez nos voisins, mais peut-être aussi parce qu'elles sont la troisième échéance électorale en quatre ans...

Toujours est-il que, la campagne électorale étant légèrement moins superficielle qu'en France, les repositionnements des partis belges sont habituellement plus consistants : En plus de la traditionnelle résurrection du clivage gauche-droite entre les actuels coalisés MR et PS, on remarque une série d'ajustements : le VLD se revendique "ouvert", tout le monde vire au vert, alors que les verts, eux, virent au bleu. Quant aux bleus, ils sont toujours tiraillés entre la tendance centriste du "libéralisme social" cher à Louis Michel, et une tendance plus droitière représentée notamment par Armand De Decker (qui a récemment pondu une carte blanche dans Le Soir sur le thème du "tout fout l'camp" où il dénonce "une société devenue de plus en plus laxiste").

S'il est sain qu'un parti politique fasse évoluer ses positions, plutôt que de s'en tenir à une stricte doctrine orthodoxe, on est plus perplexe face aux repositionnements radicaux, souvent purement stratégiques. Que penser de la force de conviction des leaders écologistes qui, en deux législatures, ont fait évoluer le positionnement de leur p
arti, initialement à la gauche de la gauche, vers une version Canada Dry du PS, pour finir par tendre (semble-t-il) vers le centre-droit ? Loin d'être un anti-écolo primaire, j'épingle ce revirement en particulier parce qu'il est sans doute un des plus impressionnant dans notre paysage politique. Et sans doute aussi parce qu'il me déçoit particulièrement (je revendique ma non-prétention à la neutralité sur ce blog). D'autant qu'une écologie qui ne remet pas en cause la société capitaliste se résigne à ne pouvoir agir qu'à la marge, pour repousser autant que possible le point de non-retour où notre écosystème sera irrémédiablement perdu.

Toujours est-il que ce phénomène des repositionnements stratégiques en politique n'est certainement pas neuf. La fin des idéologies en politique a sans doute permis de l'accentuer. Certains s'en réjouiront, voyant dans cet état de fait la victoire du pragmatisme sur les anciens dogmes. A contrario, d'autres y verront un signe du chronique manque de vision de nos hommes politiques, pour ne pas dire leur courte vue.

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jeudi 15 février 2007

La circonscription électorale fédérale fait parler d'elle...

Ceux qui ont lu la presse de ce matin sont forcément au courant de la proposition d'élire une quinzaine de députés sur base d'une circonscription à l'échelle nationale.
Les autres peuvent toujours aller jeter un coup d'oeil sur le site plutôt bien documenté du groupe Pavia (www.paviagroup.be) qui milite en faveur de cette proposition, avec en vue, bien sûr, les élections et la prochaine réforme de l'Etat consécutive.

La médiatisation que connaît cette proposition pourrait étonner. D'ailleurs je ne crois pas que ses instigateurs, parmi lesquels Phillippe Van Parijs (UCL), s'attendaient à recevoir un tel écho dans le débat politique. Mais si l'on considère que cette réforme pourrait constituer une sortie élégante au problème "BHV", on comprend mieux l'intérêt qu'elle suscite, surtout chez certains hommes politiques flamands.

Nous examinerons en détail cette proposition dans un prochain article...

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lundi 12 février 2007

Le VLD n'a pas dit son dernier mot...

Depuis longtemps, dans la course au 16 rue de la loi, on semblait avoir vendu la peau de l'ours. Il faut dire qu'avec ses 10 points d'avances dans les sondages, on pourrait difficilement renier sa place de favori au CD&V pour faire adouber son candidat Yves Leterme au poste de premier ministre. Mais c'était peut-être sans compter sur la pugnacité des libéraux flamands...

Le VLD avait connu une année 2006 assez noire : purge des sénateurs fascisants Coveliers et Dedecker, chute vertigineuse dans les sondages...
Alors forcément, pour inverser la tendance, le VLD est à la recherche d'une dynamique. Tout d'abord, un repositionnement : Depuis qu'il s'est débarrassé de son aile droitière, le VLD se présente désormais comme un parti du centre progressiste.
Ensuite, un visionnaire : Le premier ministre, que la presse écrite décrivait comme "gonflé à bloc", prend sa plus belle pose d'homme d'état pour lancer son nouveau Manifeste du Citoyen, plaidant pour une société ouverte ainsi que pour une "troisième voie" concernant la réforme de l'Etat.
Enfin, un nouveau nom : Comme certains l'avaient déjà deviné en remarquant l'insistance de Guy Verhofstadt sur la rhétorique de "l'ouverture", le VLD se présentera aux prochaines législatives sous le nom "Open VLD".

Quelques commentaires...

Tout d'abord, à propos de la "fusion" entre le VLD et son partenaire de cartel Vivant. Chez le petit parti de Roland Duchatelet, on dénie fermement s'être fait "gober" par le VLD. Cependant, avec une liste électorale commune et un programme commun, on voit mal où se situe encore la spécificité de Vivant au sein de la nouvelle entité. De plus, qu'en est-t-il du principal point du programme de Vivant, et qui constituait même une des raisons de la fondation de ce parti, à savoir l'instauration d'une allocation universelle ? Fait-elle partie du programme de l'Open VLD ? Les médias n'en ont pas pipé mot. Il faut aller lire la déclaration fondant le programme commun des deux formations pour trouver deux paragraphes plaidant pour une modèle "de revenus de base" ("basisinkomens") en lieu et place de celui des revenus de remplacement. Une formulation de compromis pour ne pas trop engager le grand frère VLD dans cette voie ?

- Concernant la repositionnement idéologique, on est soulagé de voir un revirement dans la tendance à la radicalisation du discours qui a prévalu ces dernières années chez les partis flamands, suivant les traces du Vlaams Belang. En plaidant pour une "société ouverte", le VLD plaide aussi pour une vision positive de l'immigration. Voilà pour le principe. Deux bémols cependant au niveau de son application : D'abord, comme le précise un libéral flamand dans La Libre, "cela n'empêchera pas le ministre Dewael de continuer à prôner une politique ferme d'une immigration contrôlée". Ensuite, cette vision positive de l'immigration prône en fait le modèle de "l'immigration choisie", qui vise à trier sur le volet les travailleurs qualifiés qui pourront immigrer en Belgique, une politique déjà appliquée au Canada et qui pourrait avoir des effets désastreux en matière de fuite des talents et des cerveaux dans les pays du Sud.

- Finalement, à propos des propositions de l'institutionnel : ce n'est pas la première fois que le bon Guy nous parle d'une troisième voie. Mais ici, il ne s'agit plus d'Etat social actif : on parle plutôt d'un juste milieu entre séparatisme et immobilisme. Qui sont les "séparatistes" et qui sont les "immobilistes" ? On n'en saura pas plus, l'auteur de la formule refusant de préciser qui il vise. Ainsi, chacun pourra l'interpréter comme il l'entend, et personne n'est vraiment vexé. Mais passons les contorsions langagières, et abordons le fond.

L'idée phare de cette troisième voie est qu'il faut non seulement donner plus d'autonomie aux régions, mais aussi renforcer l'état fédéral.
Importante concession de principe : oui, il est possible de refédéraliser une compétence auparavant confiée aux régions. Cependant, comme le note Pierre Bouillon dans le Soir du 10/02, la seule proposition concrète de matière à refédéraliser, ce sont les normes de bruit. Alors même que c'est grâce à la compétence de la région bruxelloise dans ce domaine que l'Etat fédéral a fini par être condamné au paiement d'astreintes en cas de non-respect de ces normes (astreintes qui vont finalement pouvoir être exigées grâce à un jugement récent).

Nombreux sont ceux qui voient dans ce programme une série d'appâts destinés à attirer les francophones à la table des négociations. Parmi ces appâts, outre l'idée de la refédéralisation, citons également l'octroi de nouveaux moyens pour la région bruxelloise, ainsi que le soutien à la proposition d'une circonscription électorale fédérale (dont nous reparlerons très bientôt). Mais ne faut-il pas saluer le changement de ton, après l'épisode de l'exigence par tous les partis flamands de la scission de BHV sans contrepartie ? De plus, le VLD ne propose pas seulement d'échanger des transferts de compétences contre des moyens financiers (ce qui a souvent été le cas dans le passé), mais également contre des réformes structurelles. Ne faut-il pas y voir une évolution positive du dialogue institutionnel ? Reste à voir, bien entendu, s'il s'agit d'apâts ou de réelles concessions; si la proposition de refédéralisation sera élargie à d'autres domaines où si, ne servant finalement que les intérêts flamands, elle restera vidée de sa substance.

Cette soudaine ouverture de la part des partis flamands au niveau de la réforme institutionnelle est accueillie avec beaucoup de prudence chez les francophones, à raison me semble-t-il. Tout comme le "refus du séparatisme" affirmé par le VLD doit être considéré comme positif mais insuffisant, d'autant qu'il risque d'être déforcé par une profession de foi similaire de la part du CD&V, le plus belgicide des partis flamands. On peut néanmoins rêver d'un débat institutionnel enfin constructif, qui aurait en vue l'intérêt de la "Fédération" toute entière plutôt que des différentes régions qui la compose.

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dimanche 11 février 2007

Un regroupement des échéances électorales pour une politique à long terme

Nos politiciens et politiciennes – tous partis confondus - semblent souffrir d’un même trouble étrange : ils sont incapables d’envisager l’avenir dans un laps de temps qui dépasse 4 ou 5 ans. Ce laps de temps correspondant bien sûr à la prochaine échéance électorale. Nos représentants semblent programmés pour agir en fonction de cette date fatidique qui les verras réélus ou non. Ne leur demandez pas de réfléchir au-delà, leur horizon semble bouché par un épais brouillard électoral.
Cette tendance lourde se traduit principalement dans deux mauvaises habitudes de nos gouvernants : Le manque de prévision d'une part, et le manque d'ambition d'autre part.

- Les projets, plans ou réformes lancés par nos politicien(ne)s sont trop rarement ambitieux ou inspirés d’une vision à long terme. Pourtant ces modes d’actions sont justement ceux qui concernent les politiques et les enjeux les plus importants. En matière de justice et d’intérieur il a fallu que l’affaire Dutroux secoue l’opinion publique pour qu’enfin on lance une réforme des polices et qu’on débatte de l’appareil judiciaire. Il a fallu attendre le drame d’Anvers et les scores du Vlaams belang pour qu’on se rende compte qu’une société qui se voudrait véritablement multiculturelle avait encore beaucoup de boulot à fournir en matière d’égalité des chances et de non-discrimination. Ces drames « nationaux » ont au moins eu le mérite de mettre le monde politique devant le fait accompli, ce qu’ils n’étaient apparemment pas capables de faire eux-mêmes. Un contre-exemple : le plan Marshall pour le redressement de la Wallonie. Ce plan ambitieux qui a le mérite de rassembler toutes les « forces vives » (politiques, patronat, syndicats, chercheurs, universitaires,…) a été salué quasi-unanimement justement parce qu’il dépasse les vieux clivages idéologiques et parce qu’il s’inspire d’une vison à long terme dont la Wallonie avait besoin et non d’une politique de l’autruche postindustrielle comme pendant les 50 dernières années.

- Il est tout aussi rare de voir nos hommes et femmes politiques avoir le courage de nager à contre-courant de l’opinion publique, par peur d’être sanctionné par l’électeur. Ils mènent alors des politiques populistes ou « gentilles » qui font l’objet d’un consensus mou, alors qu’ils savent pertinemment bien que d’autres politiques plus ambitieuses (donc plus risquées) seraient plus appropriées. Un exemple : tout le monde sait que l’écart salarial augmente, qu’il y a de plus en plus de pauvres et de très riches voir très très riches, et que l’urgence veut qu’on agisse immédiatement et efficacement. Que fait le gouvernement début septembre ? Saint-nico-verhofstad distribue des chèques cadeau de rentrée aux ménages belges pour financer l’achat des fournitures scolaire. Un deuxième exemple : à l’approche des élections fédérales du 10 juin prochain on assiste à des joutes politiques stériles visant à déterminer qui est le « meilleur francophone » et qui est le » meilleur flamand » en vue de protéger les intérêts de chacune des deux communautés du pays.

Ce constat d’un manque de vision à long terme est encore amplifié par un autre phénomène, à savoir la tenue d’élections très fréquentes dans notre pays en raison de ses particularités institutionnelles. Il y a en effet quatre niveaux de pouvoir qui appellent régulièrement le citoyen belge aux urnes (Européen, Fédéral, Fédéré, Local). Il y a eu et nous aurons, des élections en 2003, 2004, 2006, 2007, 2009, 2011, 2012,… Cette situation entraîne deux conséquences néfastes au jeu démocratique. D’une part, la cohabitation difficile entre niveaux de pouvoir composés de majorités différentes (en particulier entre fédéral et fédéré, comme nous l’a montré la dernière législature). D’autre part, la difficulté d’assurer la stabilité politique d’un pays secoué par des élections très fréquentes. Enfin, il faut signaler la valse des transferts ministériels d’un exécutif à l’autre (exemple : entre la déclaration gouvernementale fédérale de 2003 et aujourd’hui pas moins de 12 postes de ministres et de secrétaires d’état ont vu leur responsable muté un autre niveau de pouvoir ou à un autre poste).

Pour illustrer cet état de fait, une petite métaphore toute simple. L’activité politique est comme un train. Lorsqu’il rentre en gare (=les élections) il doit d’abord décélérer progressivement. Ensuite il décharge quelques passagers (=politiciens trop usés pour entamer un nouveau voyage. Par exemple et au hasard Francis Delperé ou Tony van Parijs) et en embarque d’autres tout frais. Les passagers ayant la manie de discutailler pour savoir qui aura la place à la fenêtre, qui sera en première en classe et qui en deuxième, et surtout qui s’assoira avec qui, l’arrêt en station prend souvent beaucoup de temps. Le train reprend alors son petit bonhomme de chemin, mais doit parcourir de nombreux kilomètres avant de retrouver la vitesse de croisière qui était la sienne avant son arrêt en gare. Pourtant, à peine est il reparti, que notre train doit déjà entamer une décélération car une autre gare se profile à l’horizon….A ce rythme là, force est de constater que le train n’avance pas très vite et qu’il ne parcoure pas des distances impressionnantes.

Loin de moi l’idée de contester la tenue d’élections régulières ou la nécessité de prendre le temps de former des majorités solides et des gouvernements compétents. Mon propos vise plutôt à proposer des améliorations qui pourraient être apportées au « train démocratique » afin qu’il roule un peu plus vite et un peu plus loin. Parmi celles-ci, la plus évidente est le regroupement des différentes échéances électorales en deux échéances (une nationale et une locale) voire en une échéance unique.

La seconde option ne me semble pas souhaitable. Comment l’électeur pourrait-il s’y retrouver entre quatre élections simultanées ? Comment le débat électoral relatif à chaque niveau de pouvoir pourrait-il être mené dans de bonnes conditions, sachant que trois autres débats électoraux ont lieux simultanément à l’approche d’une même et unique échéance électorale ?

Par contre, la première me paraît appropriée et souhaitable. Il s’agirait de distinguer deux pôles électoraux : un local (provinces et communes) et un national (fédéral, régions et communautés). Au sujet de ce second pôle plusieurs scénarios sont envisageables. Lequel choisir ? Soit on rabote le prochain mandat fédéral de deux ans (pour qu’il coïncide avec les prochaines élections fédérées de 2009), soit le contraire mais cela nous ramène en 2011, ou encore un regroupement en 2015 (les élections fédérales de 2015 suivant les fédérées de 2014). Le premier scenario est, à mon avis, le plus intéressant puisqu’il aurait l’avantage d’aligner ce pôle national sur les élections parlementaires européennes qui auront lieu en 2009.

Le débat à été lancé du coté francophone par Michel Junior (« porte-parole » du MR) dans le soir du premier février. C’est en 1993 qu’ont été scindées les élections fédérales et fédérées afin de donner plus de visibilité aux collectivités fédérées de notre pays. Mais force est de constater (cfr. supra) que cette scission apporte plus de mal que de bien. Du coté francophone, l’idée à gagné plusieurs personnalités des partis démocratiques. (Nollet, Cheron Wathelet, Antoine, Michel,…) En tout cas, personne ne semble s’y opposer, à part bien sûr (qui d’autre) le régionaliste de service, j’ai nommé José Happart ! Du coté flamand, on est soit pour (Dewael, De Croo), soit ouvert à la discussion (VLD), ou carrément opposé (De Crem). Cette plus grande frilosité s’expliquant peut être par les revendications que ces derniers souhaitent voir réaliser par le prochain gouvernement fédéral. Difficile, sachant que son mandat pourrait être limité à deux ans (cfr. le premier scénario).


par Florent Verstraeten

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mercredi 7 février 2007

Ostende sous le choc. Kostunica (s') explique.

L'acte commis ce 3 février par un jeune ostendais de 18 ans fut particulièrement horrible et violent.
Pour rappel, un jeune homme (a priori Belge "de souche") a poignardé à mort un individu de deux ans son cadet qui lui aurait vraisemblablement refusé une cigarette.

En visite à Bruxelles, le premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, a souhaité commenter cette mort tragique.
Après avoir signifié "ses plus sincères condoléances" à la famille endeuillée, l'homme fort de Belgrade a voulu donner son explication à un tel fait de violence.

Selon lui, d'un point de vue culturel, il existe une tradition de violences dans certaines communautés de la "Vieille Europe", notamment les communautés de l'Ex-Belgislavie (l'actuelle Belgique).
Pour illustrer ses propos, M.Kostunica prend appui sur l'Histoire locale et sur les batailles dites de l'Yser et des Eperons d'Or. D'après le premier ministre, ces moments-clés de l'Histoire belge, et singulièrement de la Flandre, aurait amené certains membres de ces communautés à sacraliser les valeurs d'honneur, de vengeance et de violence.

Interloqué par la teneur des propos de Kostunica, un journaliste présent à la conférence de presse a voulu vérifier si le premier-ministre ne situait pas ses propos hors des limites de la liberté d'expression.
Sans surprise, le serbe s'est défendu de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, de telles considérations relevant d'après lui de la plus pure logique.
Enfin, il a confirmé la création prochaine d'une Association Serbo-Européenne de la Liberté d'Expression présidée par le désormais célèbre Richard Fournaux et lui-même.

Toute ressemblance avec un article précédemment posté sur ce blog serait une énorme coïncidence.

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mardi 23 janvier 2007

Dinant sous le choc. Fournaux (s') "explique"

L'acte commis ce 22 janvier par un élève de 16 ans à l'institut Cousot de Dinant fut particulièrement horrible et violent.
Pour rappel, un étudiant (d'origine serbe) renvoyé de l'établissement avait souhaité rencontré le directeur de l'école et ce jeune homme avait porté à plusieurs reprises des coups de couteau au directeur, qui est resté longtemps entre la vie et la mort avant que l'on apprenne que son état de santé n'était plus "critique".

Peu après, l' équipe de la RTBF dépéchée sur place receuillait les impressions du député-bourgmestre dinantais Richard Fournaux (MR).
L'homme fort de la cité mosane y allait d'un commentaire particulièrement "osé": selon lui, l'acte commis par le jeune homme est à expliquer par ses origines ("ethniques") et les comportements qui y sont liés: sens de l'honneur, réactions impulsives et violentes (etc).

Est-ce là un indice de l'affirmation de plus en plus marquée de Fournaux très à droite de l'échiquier politique, alors que certains lui prêtent des sympathies pour le désormais célèbre Père Samuel, prêtre intégriste anti-musulman ("une mosquée, c'est plus dangereux qu'une centrale nucléaire") carolorégien?

Tout à fait interloqué par une réaction aussi simpliste de la part d'un homme politique aussi expérimenté que M.Fournaux, votre serviteur a pris l'initiative de rédiger un courriel à l'attention du député-bourgmestre.
En voici les principaux extraits:

Monsieur le député-Bourgmestre,

Par la présente, je tiens à vous indiquer mon énorme étonnement et indignation suite à vos propos tenus au journal télévisé de la RTBF suite au tragique événement survenu à l'institut Cousot. (...)
A propos de cette réaction telle qu'elle a été présentée à l'antenne - je ne suis pas sans savoir que vos paroles ont pu être "dé-contextualisées" au montage-, je dirais principallement deux choses.

Premièrement, nous avons affaire là à des propos pour le moins simplistes, qui plus est de la part d'un homme politique de votre expérience, par rapport à des causes qui sont assurément bien plus complexes que de simples origines ethniques.

Deuxièmement, ces paroles sont aussi simplistes dans le sens qu'elle tendent à attribuer tels caractéristiques ou comportements - particulièrement odieux dans ce cas ci, en plus- aux membres d'une certaine communauté "ethnique" présente sur notre territoire.
Vous le savez aussi bien que moi probablement, de telles généralisations sont le "terreau" d'attitudes de type "racistes" qui empoisonnent la vie de nos concitoyens qui y sont confrontés. C'est en celà que j'estime que vos paroles sont aussi dangereuses.

Dans le contexte actuel d'une augmentation de l'influence des thèses d'extrème-droite auprès des couches les plus fragilisées de notre société, je vous avouerais que je trouve totalement inquiétant d'entendre un éminent membre d'une formation politique démocratique propager de telles idées simplistes, fut-ce sur un ton interrogatif.

Aussi, d'un point de vue plus local, pour avoir fréquenté assiduement votre belle Ville pendant mes trois années passées à l'internat du Collège Notre-Dame de Bellevue (2000-2003), j'ai constaté moi-même la présence particulièrement importante à Dinant de jeunes gens animés (ou influencés) par des idées d'extrème-droite ("skinheads").
Il s'agit de groupuscules de jeunes hommes (voire femmes) en manque de "sensations" et sensibles à de telles idées simplistes selon lesquelles telle personne de telle origine aurait tel comportement contraire à l'"ordre" de la société.

Il me semble que le citoyen est en droit d'attendre de ses responsables politiques issus de formations politiques démocratiques que ceux évacuent ces idées simplistes en pronant le dialogue ou l'ouverture d'esprit dans le cadre de la sauvegarde de la société démocratique et multiculturelle. (...)
Tant que ces idées restent dans le cadre d'intimidations verbales et physiques à destination des personnes concernées, cela est peut être peu nuisible à la société (pas à l'individu!) mais je ne serais malheureusement pas étonné que l'accumulation de telles idées soient à terme la raison d'un autre acte de violence d'une nature peut être similaire à l'acte commis sur la personne du directeur de l'institut Cousot.

Ceci dit, l'on peut penser d'après moi que ces propos ont été tenus "sous le coup de l'émotion", surtout que je ne sais pas quel lien vous entreteniez avec le directeur de l'école.
Néanmoins, il me semble que l'on peut attendre également des représentants du peuple, lorsqu'ils s'expriment en tant que tels, qu'ils le fassent avec modération (au niveau de la forme et du fond) et clairevoyance. A mon sens, c'est cette double attente que vous n'avez pas (totalement) remplie dans le cadre de votre intervention télévisée.

Enfin, plus généralement, quand bien même vous ayez été particulièrement "choqué" -quoi de plus normal!- par l'acte commis par le jeune homme, c'est dans ces moments-là que l'on mesure le degré de dignité, d'humanité et de tolérance des intervenants. A ce propos, aviez-vous entendu une fois les parents de Joe Van Holsbeek exprimer aux médias une quelconque opinion selon laquelle l'acte commis par les deux jeunes gens à la Gare Centrale était peut être à expliquer par leurs origines polonaises? Même s'ils le pensaient -ce qui était déjà une erreur,-, ils se sont bien gardés de le dire publiquement, pour ne pas inciter à n'importe quelle forme de haine raciale.
En somme, dans le contexte d'une Ville de Dinant touchées -plus qu'ailleurs peut être- par les idées simplistes véhiculées par les sympathisants d'extrème-droite, j'ai estimé vos propos simplistes et dangereux, et je vous demande, s'il vous plaît, une explication, éventuellement accompagnée d'excuses à l'encontre des membres de la communauté serbe de Belgique.

Dans l'attente d'une réponse de votre part, je vous prie d'agréer, Monsieur le député-Bourgmestre, l'expression de mes sentiments respectueux.

François HAENECOUR (étudiant en droit à l'UCL-21 ans)

La réponse n'a pas tardé à me parvenir.
Dans cette réaction, Richard Fournaux confirme ses propos tout en reconnaissant implicitement se situer dans le "politiquement incorrect".
Autant dire que ses pseudo explications (il n'y fait que confirmer ses paroles tout en argumentant quelque peu celles-ci) ne me "conviennent" pas du tout.

1) Selon ses dires, M.Fournaux voulait indiquer qu'il existe une "tradition de violence dans certaines communautés" (dont la communauté serbe) et il veut nous faire croire que ce sentiment à l'égard de cette communauté (ou assimilés) est ou devrait être partagé par tout un chacun.
C'est précisement ce message que je trouve particulièrement simpliste (croire que certaines communauté sont plus violentes que d'autres par tradition ET que cela explique le geste de l'étudiant dinantais) et dangereux (diffuser une telle image d'une communauté qui éprouve sans doute déjà beaucoup de mal à se défaire à des caricatures et autres que l'on lui "colle") dans le sens où cela pourrait inciter à quelque chose comme le rejet ou même la haine raciale.

A celà, je préfère de loin les explications du reportage de la RTBF diffusé ce 23 janvier et qui insistait sur le fait que ces jeunes gens qui ont connu la guerre gardent de lourdes séquelles d'ordre psychologique qui peuvent les amener à sacraliser les valeurs d'honneur, de violence (...)

En somme, en plus de s'être montré tout à fait irresponsable, j'estime parfaitement inappoprié de la part de M.Fournaux d'avoir véhiculé de telles idées après ce grave incident survenu dans un établissement scolaire qui, d'après ce que nous avons pu constater dans les medias et de ce que je connais personnellement de cet institut, semble mettre un point d'honneur à contrer le racisme et à promotionner une société ouverte et tolérante...

2) Quant à son argumentation selon laquelle ce serait au jeune homme et à sa famille (ils tentent de décrocher un titre de séjour) à s'adapter à notre culture et non l'inverse, je suis particulièrement partagé puisque, en dehors du fait que je me demande ce qu'il veut dire par "notre culture" (conception uniculturelle de la Nation, culture démocratique?), je pense qu'il est aussi du devoir de la Belgique et de ses représentants de ne pas propager ce genre d'idées simplistes et dangereuses selon lesquelles certaines communautés seraient traditionnellement habitées d'un sentiment de violence incompatible avec notre culture.
Il s'agit ici du respect dû, dans un Etat de droit, à chaque personne vivant sur le territoire (avec ou sans "papier") de ne pas être offenser par de tels propos ou les conséquences facheuses (rejet, discriminations..) de ceux-ci.
Cela rejoint aussi l'idée selon laquelle l'intégration des personnes d'origine étrangère dans notre société est quelque chose de réciproque, dans le sens où ce n'est pas
uniquement à l'allochtone à s'adapter à l'autochtone (idée soutenue par Fournaux) mais que c'est un processus plus complexe -mais autrement plus enrichissant et "productif"- d'échanges et de concessions mutuelles.

Bref, fort peu heureux de la réponse de Richard Fournaux, j'ai déjà commencé à contacter des organisations de lutte contre le racisme (...) pour donner une éventuelle suite à cette affaire, par exemple sous la forme d'une rencontre (avec interview?) entre jeunes issus de l'immigration serbe et le député-bourgmestre de Dinant.


Enfin, dans les semaines à venir, nous tenterons d'ouvrir un débat sur ce blog sur la récurante question de savoir où placer les limites entre le droit à la liberté d'expression et la lutte contre le racisme.

Vous trouverez ici-bas l'intégrale de la réponse de M.Fournaux:

Cher Monsieur Haenecour,

J’ai bien reçu votre mail de ce mardi 23 janvier 2007.

Je ne suis en aucune manière sympathisant des thèses de l’extrême droite. Je suis de ceux qui commencent réellement en avoir ras le bol du politiquement correct dans notre pays qui interdit de dire certaines choses.

Mon interview diffusée, même si malheureusement elle était un peu courte par rapport à ce qui a été déclaré, voulait seulement affirmer que d’un point de vue culturel il est évident qu’il y a une tradition de violence dans certaines communautés, notamment issues des pays provenant de l’Ex-Yougoslavie ou encore de plusieurs pays de l’Est. Ce n’est un secret pour personne et l’affirmer n’est en aucune manière criminelle.

Les déclarations du jeune homme, dont vous avez sans doute depuis entendu parler, vont totalement dans ce sens, puisqu’il n’hésite pas à déclarer que son honneur a été bafoué par le Directeur de l’école et que dans son pays l’on accepte pas ce genre de choses …

Tout cela laisse rêveur et autant il faut être prudent dans nos déclarations, autant il faut être tolérant, veiller au respect des grands équilibres démocratiques, etc …, autant l’on ne peut pas non plus toujours rester sans réaction ni sans oser dire certaines choses.

Ce jeune homme et sa famille sont candidats à l’accès sur le territoire. Il ne faut pas renverser les rôles. C’est quant même eux qui doivent s’adapter à notre culture et non nous qui devons accepter l’importation dans notre pays d’une manière d’agir bien peu démocratique et que l’on peut même qualifier tout simplement, dans ce cas-ci, de criminelle.

Je vous prie de croire, cher Monsieur Haenecour, en ma sincère considération et en mon entier dévouement

Richard FOURNAUX

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