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jeudi 24 mai 2007

Fédérales 2007 : Humour libéral ou le syndrome de la 7e place

Ces derniers temps, un mal ronge nos partis libéraux : c'est le syndrome de la septième place. En quoi consiste-t-il ? C'est très simple : le candidat libéral qui se voit attribuer la septième place sur une liste électorale est soudainement pris d'une envie irrésistible de faire plein de blagues avec James Bond. Lors des dernières communales, Emmily Talpe a été la première a faire le lien entre sa place sur la liste Open VLD et le célèbre agent secret. Pour les fédérales de 2007, Stefaan Noreilde (Open VLD) et Alain Destexhe (MR) nous refont la même vanne, chacun de son côté de la frontière linguistique.

Voilà donc un nouveau point commun entre le Nord et le Sud du pays. En plus du Roi, du foot et de la bière (ainsi que du menu de nouvel an, le caviar excepté), les Belges ont également en commun de devoir supporter ce genre d'affiches :


(Bon en même temps... c'est ça ou Sarkozy ^^)

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lundi 12 février 2007

Le VLD n'a pas dit son dernier mot...

Depuis longtemps, dans la course au 16 rue de la loi, on semblait avoir vendu la peau de l'ours. Il faut dire qu'avec ses 10 points d'avances dans les sondages, on pourrait difficilement renier sa place de favori au CD&V pour faire adouber son candidat Yves Leterme au poste de premier ministre. Mais c'était peut-être sans compter sur la pugnacité des libéraux flamands...

Le VLD avait connu une année 2006 assez noire : purge des sénateurs fascisants Coveliers et Dedecker, chute vertigineuse dans les sondages...
Alors forcément, pour inverser la tendance, le VLD est à la recherche d'une dynamique. Tout d'abord, un repositionnement : Depuis qu'il s'est débarrassé de son aile droitière, le VLD se présente désormais comme un parti du centre progressiste.
Ensuite, un visionnaire : Le premier ministre, que la presse écrite décrivait comme "gonflé à bloc", prend sa plus belle pose d'homme d'état pour lancer son nouveau Manifeste du Citoyen, plaidant pour une société ouverte ainsi que pour une "troisième voie" concernant la réforme de l'Etat.
Enfin, un nouveau nom : Comme certains l'avaient déjà deviné en remarquant l'insistance de Guy Verhofstadt sur la rhétorique de "l'ouverture", le VLD se présentera aux prochaines législatives sous le nom "Open VLD".

Quelques commentaires...

Tout d'abord, à propos de la "fusion" entre le VLD et son partenaire de cartel Vivant. Chez le petit parti de Roland Duchatelet, on dénie fermement s'être fait "gober" par le VLD. Cependant, avec une liste électorale commune et un programme commun, on voit mal où se situe encore la spécificité de Vivant au sein de la nouvelle entité. De plus, qu'en est-t-il du principal point du programme de Vivant, et qui constituait même une des raisons de la fondation de ce parti, à savoir l'instauration d'une allocation universelle ? Fait-elle partie du programme de l'Open VLD ? Les médias n'en ont pas pipé mot. Il faut aller lire la déclaration fondant le programme commun des deux formations pour trouver deux paragraphes plaidant pour une modèle "de revenus de base" ("basisinkomens") en lieu et place de celui des revenus de remplacement. Une formulation de compromis pour ne pas trop engager le grand frère VLD dans cette voie ?

- Concernant la repositionnement idéologique, on est soulagé de voir un revirement dans la tendance à la radicalisation du discours qui a prévalu ces dernières années chez les partis flamands, suivant les traces du Vlaams Belang. En plaidant pour une "société ouverte", le VLD plaide aussi pour une vision positive de l'immigration. Voilà pour le principe. Deux bémols cependant au niveau de son application : D'abord, comme le précise un libéral flamand dans La Libre, "cela n'empêchera pas le ministre Dewael de continuer à prôner une politique ferme d'une immigration contrôlée". Ensuite, cette vision positive de l'immigration prône en fait le modèle de "l'immigration choisie", qui vise à trier sur le volet les travailleurs qualifiés qui pourront immigrer en Belgique, une politique déjà appliquée au Canada et qui pourrait avoir des effets désastreux en matière de fuite des talents et des cerveaux dans les pays du Sud.

- Finalement, à propos des propositions de l'institutionnel : ce n'est pas la première fois que le bon Guy nous parle d'une troisième voie. Mais ici, il ne s'agit plus d'Etat social actif : on parle plutôt d'un juste milieu entre séparatisme et immobilisme. Qui sont les "séparatistes" et qui sont les "immobilistes" ? On n'en saura pas plus, l'auteur de la formule refusant de préciser qui il vise. Ainsi, chacun pourra l'interpréter comme il l'entend, et personne n'est vraiment vexé. Mais passons les contorsions langagières, et abordons le fond.

L'idée phare de cette troisième voie est qu'il faut non seulement donner plus d'autonomie aux régions, mais aussi renforcer l'état fédéral.
Importante concession de principe : oui, il est possible de refédéraliser une compétence auparavant confiée aux régions. Cependant, comme le note Pierre Bouillon dans le Soir du 10/02, la seule proposition concrète de matière à refédéraliser, ce sont les normes de bruit. Alors même que c'est grâce à la compétence de la région bruxelloise dans ce domaine que l'Etat fédéral a fini par être condamné au paiement d'astreintes en cas de non-respect de ces normes (astreintes qui vont finalement pouvoir être exigées grâce à un jugement récent).

Nombreux sont ceux qui voient dans ce programme une série d'appâts destinés à attirer les francophones à la table des négociations. Parmi ces appâts, outre l'idée de la refédéralisation, citons également l'octroi de nouveaux moyens pour la région bruxelloise, ainsi que le soutien à la proposition d'une circonscription électorale fédérale (dont nous reparlerons très bientôt). Mais ne faut-il pas saluer le changement de ton, après l'épisode de l'exigence par tous les partis flamands de la scission de BHV sans contrepartie ? De plus, le VLD ne propose pas seulement d'échanger des transferts de compétences contre des moyens financiers (ce qui a souvent été le cas dans le passé), mais également contre des réformes structurelles. Ne faut-il pas y voir une évolution positive du dialogue institutionnel ? Reste à voir, bien entendu, s'il s'agit d'apâts ou de réelles concessions; si la proposition de refédéralisation sera élargie à d'autres domaines où si, ne servant finalement que les intérêts flamands, elle restera vidée de sa substance.

Cette soudaine ouverture de la part des partis flamands au niveau de la réforme institutionnelle est accueillie avec beaucoup de prudence chez les francophones, à raison me semble-t-il. Tout comme le "refus du séparatisme" affirmé par le VLD doit être considéré comme positif mais insuffisant, d'autant qu'il risque d'être déforcé par une profession de foi similaire de la part du CD&V, le plus belgicide des partis flamands. On peut néanmoins rêver d'un débat institutionnel enfin constructif, qui aurait en vue l'intérêt de la "Fédération" toute entière plutôt que des différentes régions qui la compose.

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